Quelques livres réalisés

Mon Grand-père qui était monté à Paris quelques années plus tôt pour trouver du travail, y était devenu cocher. Ma Grand-mère, il est vrai âgée de quinze ans, exerçait le dur métier de blanchisseuse. Tous les deux vivaient alors à Brunoy.

Ils vinrent ensuite s'établir à Paris, au 52 du boulevard de Belleville, à Ménilmontant où ils travaillaient dur. Plusieurs années s'écoulèrent et en 1908 un enfant paru, Lucien, mon Papa. Il fut suivi en 1911 d'un petit Roger, né le vingt quatre décembre, malheureusement emporté à quinze mois par la maladie. Pour éloigner sa petite famille de la pollution parisienne, déjà, mon Grand-père décida de l'installer à la campagne, à Romainville. Il y fit construire en 1910 une jolie maison avec un étage, au bout d'une impasse et juste à côté d'un grand jardin : le 6 Impasse de la Liberté, ma maison natale. Le contrat fut signé le vingt novembre 1910 avec date de livraison fixée au huit avril 1911 et pour la somme de six milles francs. Décédé en 1925, je n'ai pas connu mon Grand père.

J'ai fait ma première rentrée scolaire le premier octobre 1956 à Abomey, au Dahomey, où je suis né. J'avais eu six ans le premier avril. Le Dahomey était alors une colonie de l'Afrique Occidentale française, rebaptisée Bénin quelques années après l'indépendance en 1960.

C'est mon père qui m'avait conduit à l'école. C'était une institution tenue par des religieuses, il y travaillait comme maçon et était bien connu des Soeurs. Nous avons été accueillis par Soeur Bernadette, une femme très imposante. Jusqu'à cet instant je n'avais encore jamais vu d'hommes ou de femmes blancs, quelle surprise ! Alors que la religieuse me prenait par la main pour m'accompagner jusqu'à la salle de classe, je me mis à hurler. J'étais terrorisé en me demandant, je m'en souviens très bien, quelle était cette sauvage qui m'emmenait ! Elle me tenait fermement mais je dois dire tendrement. Elle se mit à me parler doucement et petit à petit je réussis à me calmer. Soeur Bernadette n'était finalement pas le sauvage que j'avais craint.

Nous n’avions pas voyagé depuis bien longtemps, et cette fois l’occasion se présentait : un voyage en petit comité au Vietnam. Une occasion à ne vraiment pas manquer ! Nous étions tout de même un peu dubitatifs, tant de projets toutes ces dernières années s’étaient présentés et pour différentes raisons ne s’étaient jamais réalisés, que je le savais, Josiane n’y croirait qu’une fois assise dans l’avion et l’appareil décollé !

Les mois passaient et petit à petit nous nous habituions à cette idée. Début janvier, la date approchant, je pris les billets d’avion : Paris Bangkok Hanoi et retour Ho-chi- min Ville (Saigon) Bangkok Paris. Finalement aucune catastrophe habituelle ne semblant se profiler à l’horizon, nous nous décidâmes à nous rendre à la FNAC, nous procurer un peu de documentation sur le pays. Le départ était dans les quinze prochains jours !  Les guides nous présentaient un pays attrayant, ouvert depuis peu au tourisme mondial et certainement encore très naturel, très authentique. Il faut dire que pour les gens de notre génération, nés après 1950, Le Vietnam c’était cette guerre épouvantable menée par les Américains, désapprouvée par la majorité de la jeunesse mondiale et à l’origine des mouvements beatniks, Peace and Love de la fin des années soixante, « Paix au Vietnam », le slogan des nombreuses manifestations de ces années là reste gravé dans nos mémoires. Vietnam était synonyme de guerre. Se rendre dans ce pays pour y faire du tourisme me paraissait encore à ce jour presque incongru, tant cette population avait souffert. A l’inverse, pourquoi ne pas participer au renouveau et à l’ouverture, enfin, de ce pays en allant le visiter.

​© 2019 par Alain Fournier

Bureaux Editions SOGA

25 rue de Ponthieu

75008 PARIS

  • w-facebook
  • Twitter Clean
  • w-googleplus